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Thierry Vasseur
Edito

Jean-Pierre Maurel

Jean-Pierre MAUREL

Au moment où l’automne frappe à nos portes, un automne qui a l’élégance de commencer par quelques jours d’été indien, SUB YU reste fidèle en esprit au poème le plus gai de Baudelaire, « L’invitation au voyage ». Vous vous souvenez ? L’invitation pour deux amants de vivre pleinement. « Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté. »

Il est vrai que notre journal bouscule parfois l’ordre. Nos lecteurs, nous le savons, apprécient de nous voir secouer quelques conformismes esthétiques ou quelques conforts moraux.

Luxe et beauté ? Voire volupté ? Lisez donc le compte rendu de notre essai du coupé Bentley.

Calme ? Après la lecture de SUB YU, il s’agit peut-être d’une injonction : restons calmes !

 

 


Edito

Jean-Pierre Maurel

Jean-Pierre MAUREL

De l’infini au chaos…

Il y a quelques jours, le satellite Planck nous a envoyé la photographie la plus précise jamais réalisée du flash initial. 380 000 ans après le Big Bang, quand l’univers s’est refroidi et que peuvent se former les atomes, apparaît la lumière (« Et la lumière fut. »).

C’est cette lumière initiale que Planck a analysée dans sa répartition.

Il en ressort que notre univers aurait une géométrie euclidienne de courbure nulle. D’aucuns en concluent un peu vite qu’il est donc infini. En effet, s’il ne l’était pas, et s’il ressemblait à une feuille de papier plate, il y aurait des bords, ce qui n’a aucun sens.

Mais c’est aller un peu vite en besogne et oublier qu’il y a une différence entre géométrie et topologie. L’univers peut être sans courbure (intrinsèque)… et cylindrique, pour prendre l’exemple le plus simple.

Un cylindre appartient à la géométrie plane. La preuve, vous pouvez le fabriquer en collant bord à bord dans ses deux longueurs une feuille de papier A4. En collant les quatre bords deux par deux, vous obtenez un tore (une chambre à air), vous êtes donc toujours dans un monde sans courbure intrinsèque. En revanche, si vous cherchez à couper une sphère de papier et à l’étaler à plat, c’est impossible sans qu’il y ait des plis. Contrairement au cylindre ou au tore, la sphère appartient réellement au monde courbe.

Nous ne connaissons toujours pas la forme de l’univers. D’autres topologies sont chaotiques, au sens mathématique du mot. La situation politique et économique en France par exemple. Ces derniers jours apportent la preuve qu’elle est en situation dynamique d’instabilité, doublée, comme dans tout système chaotique classique, d’un phénomène de récurrence (que d’affaires, mon Dieu, que d’affaires), ce qui rend son évolution non prédictible !

En d’autres termes, personne ne sait où l’on va. Regarder au fond de l’univers, c’est moins vertigineux, plus rassurant, ce qui est un comble ; Pascal se retourne dans sa tombe !

Jean-Pierre Maurel



 

 


Edito

Jean-Pierre Maurel

Pop Philosophie ?

Cela fait des années que la philosophie est mise à toutes les sauces et se taille sa place ou ses succès dans les endroits ou les affaires les plus improbables.

Le calamiteux Michel Onfray a fait sa part du travail mais son enseignement truffé d’erreurs et de parti-pris cachés, son obsession du « contrepied », finissent par porter grand tort à la discipline qu’il veut promouvoir.

Ma sympathie va plutôt vers ce nouveau courant baptisé « Pop Philosophie ». Définition ? : « s’emparer des objets dérisoires, s’engouffrer dans les failles de la culture populaire, creuser sous la surface du matériau en apparence sans profondeur, tisser des liens improbables entre toutes les formes d’expression pour observer le développement contagieux des rhizomes philosophiques et des concepts sauvages… ».  La pop philosophie a déjà ses sites, ses blogs, ses congrès.

Mais qu’est-ce que la philosophie ? Est-ce apprendre à vivre et à mourir ? Non. Pour cela, il y a les sagesses et les religions ! Alors quoi ? C’est d’abord – grande leçon de l’Antiquité grecque – découvrir que le monde n’est pas une évidence allant de soi : autour de l’étrangeté absolue de « ce qui est », oui, tout cela « est », pierre, bête, homme, monde, autour de cette totalité magique, bée l’abîme du non-être, d’où tout sort, vers quoi tout retombe ? Voilà de quoi « penser ».

Gilles Deleuze explique que la philosophie n’est pas une puissance, et ne peut donc engager de bataille avec les puissances. Elle mène seulement une guérilla de pourparlers contre elles. Et, ajoute Deleuze magnifiquement : « Comme les puissances ne se contentent pas d’être extérieures, mais aussi passent en chacun de nous, c’est chacun de nous qui se trouve sans cesse en pourparlers et en guérilla avec lui-même, grâce à la philosophie ».

Jean-Pierre Maurel
Rédacteur en chef adjoint

 


Edito

Jean-Pierre Maurel

Les vœux de l’équipe SUB YU

Chères lectrices, chers lecteurs,

Sacrifions à l’exercice traditionnel des vœux de nouvelle année, mais lucidement. De quoi avons-nous vraiment besoin au cours de cette année que tous les augures annoncent difficile sinon terrible ?

D’imagination et de raison conjointes! L’emploi s’effondre ; la vie est chère ; l’angoisse s’installe ; mais tout continue d’aller plus vite et la pensée, lente par essence, recule, quasiment laissée sur place, voire exclue au profit des seules émotions, la sincérité tenant lieu de vérité. Attention danger !

Et puis, il y a cette vague de fond, depuis quand… vingt ans ? trente ans ? cette vague d’individualisme et d’autonomie qui tient lieu de morale. Mais, comme le montre brillamment un livre récent[1], la conquête de l’autonomie, louable en soi, passe par l’intériorisation des contraintes : ce ne sont plus les lois ou les coutumes, c’est vous qui vous imposez avec une fierté légitime tel ou tel comportement, telles ou telles règles. Vous croyez vous être libéré, vous tombez sous la coupe du plus terrible des juges : vous-même. Tout le monde ne supportera pas d’abandonner l’assistance confortable des règles extérieures, car la pression psychique exercée par l’autonomie acquise est forte, redoutable. Nous préparons, nous et notre société tout entière, la fortune des psychothérapeutes de demain.

Alors, à tous ceux qui se construisent, à tous ceux contraints de partir pour des lieux supposés plus cléments, à tous les laissés-pour-compte, à tous ceux qui souffrent et qui doutent, à tous ceux qui les voient souffrir et douter, je souhaite qu’ils contemplent le visage des autres, et que viennent alors des tombereaux d’imagination rationnelle et créatrice…

Une bonne nouvelle : Paris serait en deuxième position, après Londres, pour la création d’entreprises résolument nouvelles et de start-up originales. L’espoir luit…

Jean-Pierre MAUREL



[1] La fin des coupables, de Pierre-Henri Castel, éditions Ithaque.

 


 

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