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Par Thierry Vasseur / Gisèle Didi le 01/09/2009 | Réagir | Envoyer | Imprimer
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C'est comment la vie
au bord du canal ?
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La terrasse
Créé au 18ème siècle pour permettre l'acheminement du bois de chauffage vers Paris, le canal du Nivernais serpente au centre de la Nièvre de Clamecy à Decize dans un cadre enchanteur. Il est aujourd'hui entièrement dédié au tourisme fluvial. On peut également le découvrir à pied le long des chemins de randonnées ou à vélo par la voie verte. Beaucoup de plaisanciers le considèrent comme étant l'un des plus beaux canaux d'Europe avec ses 110 écluses, dont l'attrait est renforcé par la présence de remarquables ouvrages d'art d'époque (voûtes, tunnels, pont-levis).
Nous nous sommes arrêtés dans quatre des maisons éclusières qui bordent le canal pour essayer de savoir « C'est comment la vie au bord du canal ? ».

Les trois premières maisons étant situées versant Loire, long de 66 km, comportant 32 écluses qui compensent une différence de niveau de 74 m. La dernière maison étant située versant Seine qui emprunte la vallée de l'Yonne long de 104 km, comportant 78 écluses qui compensent une dénivellation de 165 m.
Ecluse 14, Pascale nous reçoit. Elle est institutrice, Robert lui, est potier, autodidacte. Il vend sa production sur place. Robert est de la région et s'est installé là il y a une trentaine d'années grâce à son métier. « C'est une des conditions pour pouvoir louer une maison éclusière, avoir un projet en lien avec le tourisme, culturel ou autre. »

« Il y a quatre mois d'activité, le reste du temps est plus calme mais les poteries de Robert sont localement connues et vendues également à Tamnay-en-Bazois. »

« Ici il faut la santé, l'énergie, une bonne forme physique et mentale. Les conditions de vie sont assez rustiques et rien ne se fait sans voiture. Mais il faut voir l'automne, c'est incroyablement beau. »



Ecluse 6, Gérard Mazière, natif du Bergerac s'est installé là il y a trente ans, séduit par le coin et désireux de donner une âme à ces 3 km de canal où les plaisanciers vont d'écluse en écluse.

Lors de son arrivée, il a trouvé du boulot tout de suite dans les travaux publics alors il est resté là avec sa famille. Son travail lui laissait du temps puis retraité, il a voyagé et s'est passionné pour l'Iran où il retourne régulièrement. Il photographie depuis des années, témoignant de sa vie ici et ailleurs et multiplie les expositions dans la région mais aussi en Iran.

« Je n'ai jamais eu de problème ici, partout on rencontre quelque chose, il suffit de s'adapter, d'être respectueux. J'ai beaucoup de bons amis ici. »

Un salon de thé sur une barge généreusement décorée et colorée vous y attend. Bonne musique assurée.



Ecluse 10, Julie Morlon a 31 ans et est arrivée là il y a huit ans. Elle a été fascinée par ce lieu-refuge. Un recueil de solitude dont elle avait envie.

« La condition était de faire vivre la maison et d'y mener une activité artistique. »

Professeur d'art plastique et peintre, elle tend aujourd'hui à ouvrir ce lieu pour des résidences d'artistes, un antre pour ces derniers qui auraient besoin de paix et d'isolement pour travailler.

« C'est complexe, ce besoin d'être là et d'en partir pour y puiser une énergie extérieure, nouvelle, régulièrement. Ici c'est mon univers à moi. Je vis là avec mes six chats, ils sont comme un prolongement de mon corps. »



Ecluse 13, Virgile Vaurette est tailleur de pierre, âgé de 30 ans et arrivé là il y a trois mois.

« Que dire, ici c'est agréable et reposant, j' y suis bien ».

Il lui aura fallu attendre deux ans pour obtenir cette maison. Venant de Macon, il multiplie les expériences de chef d'équipe et collabore avec des compagnons.

« L'été je voudrais faire des ateliers d'initiation à la taille de pierre pour les enfants et les adultes, rendre ce lieu vivant. Je suis un passionné de l'Art Roman qui est souvent pour les sculpteurs le début de la création. Cela manquait peut-être de précision mais les choses étaient dites, exprimées. »

Il aime combiner les matériaux pierre et métal notamment et s'intéresse aussi au bois.

« Je ne me considère pas comme un sculpteur, pas encore. Je me cherche. Mon but est, à 40 ans, d'arrêter les commandes pour me concentrer sur la sculpture. »



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La terrasse
Reportage DIVA (Gisèle DIDI et Thierry VASSEUR)


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