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Par Yazid Manou le 01/02/2010 | Réagir | Envoyer | Imprimer
Carte blanche à Yazid Manou




SHERLOCK HOLMES
Un film de Guy Ritchie
Sortie le 3 février

Un grand mal de tête : c'est ma toute première réaction au sortir de la salle. La chronique démarre mal ! C'est un immense clip, les images défilent très vite. L'histoire est assez complexe, mélange plusieurs niveaux de lecture : sorcellerie, magie, franc-maçonnerie, intrigue criminelle. Mais Guy Ritchie le réalisateur anglais est coutumier du fait. Ceux qui avaient vu son film Snatch (avec Jason Statham et Brad Pitt en 2000) me comprendront. Toujours flanqué de son fidèle acolyte Doc Watson (Jude Law), Sherlock Holmes (Robert Downey Jr) doit cette fois déjouer un terrifiant complot visant à détruire la population britannique. Au crédit de Ritchie, la sublime photographie du film et la description d'un vieux Londres glauque et impressionnant. Je vous avoue avoir été soulagé à la fin de la projection. D'ailleurs environ quinze minutes avant la fin, on pense bien assister à la dernière image et plusieurs spectateurs se sont levés d'un coup vers la sortie et n'ont pas eu le courage de faire machine arrière. On parle déjà d'une suite. Sans moi.
THE LONE RANGERS
11 janvier au Jazz Club Lionel Hampton (Paris)
Album Aces And Faces (Socadisc)

Cinq musiciens français adeptes de pur rock & blues ont proposé un beau revival près de la Porte Maillot. Les Lone Rangers emmenés par le souriant bassiste chanteur Romain Decoret (bien connu depuis des années des lecteurs de Guitarist Magazine) ont aligné les reprises de Blind Lemon Jefferson, Chuck Berry, Hank Snow et autres Buddy Holly. Un régal pour les oreilles d'autant plus qu'à la guitare officiait un brillantissime musicien en la personne d'Alex Mazzoleni qui est celui vers qui les regards se tournaient à chaque solo quand ce n'était pas vers Claude Langlois, spécialiste de la Pedal Steel guitare. Moment coquasse et ambiance garantie quand un spectateur (le fameux Eryl Prayer, La Voix d'Elvis) sagement et discrètement assis au premier rang, sosie tout de noir vêtu (y compris les gants) a rejoint la scène avec son batteur attitré pour deux titres : You Ain't Nothin' but a Hound Dog et Blue Suede Shoes. Une belle soirée en toute simplicité.
ANVIL - THE STORY OF ANVIL
Un film de Sasha Gervasi
Sortie le 3 février

L'heure est aux films musicaux ces temps-ci. Après Gainsbourg, avant « Crazy Heart » (3 mars) le retour gagnant de Jeff Bridges en chanteur country et « Bus Palladium » (17 mars) premier film de Christopher Thompson, voici l'histoire d'un groupe de hard rock canadien totalement méconnu sauf d'une infime poignée de passionnés. Le film commence fort avec les témoignages de Lars Ulrich (Metallica), Slash (ex-Guns N's Roses) et Lemmy (Motorhead), fans de la première heure. La référence au cultissime « This is Spinal Tap » est indéniable mais là où ce dernier était une fiction pour faire rigoler, « The Story of Anvil » est un réel documentaire parfois drôle mais surtout attendrissant, voire émouvant. Les rockers repartent sur les routes européennes après de nombreuses années d'absence : tout va de travers. Leur jeune manageuse est une catastrophe, les labels se défilent et l'argent manque. Mais le groupe emmené depuis trente ans par ses deux leaders, Steve Kudlow au chant et Robb Reiner aux fûts ne lâchent pas prise et forcent l'admiration. Ils sont suivis comme leur ombre par un fan des débuts (Sasha Gervasi). Sachez qu' il n'est point besoin d'être amateur de hard pour apprécier cette belle résurrection.



JAMES BROWN
Live at the Garden - expanded edition (Universal Music)

Quand on cite les grands albums live du Soul Brother N°1, on ne parle jamais du vinyle « Live at the Garden » sorti en mai 1967 et dynamité il est vrai par les monuments que furent les deux « Live at the Apollo » en 1963 et 1968. La pochette n'avait jamais pu être considérée comme un appel irrésistible. De plus, il ne s'agissait nullement d'un enregistrement au Madison Square Garden de New York mais d'une sélection à la va-vite de plusieurs shows joués en janvier 1967 dans une boîte de nuit du New Jersey, le Latin Casino. Au final, le LP n'avait retenu que 12 titres tronqués, omettant les meilleurs moments. La bonne nouvelle vient donc d'une bienvenue réédition de ce disque jamais sorti en CD auquel a été ajouté un deuxième CD live. Cette fois, pas de faux applaudissements additionnels, les morceaux remixés sont complets et donnent une véritable vision de l'ambiance surchauffée des prestations de James Brown et ses Famous Flames, son armada de musiciens (dont la présence exceptionnelle du grand bassiste de jazz, Ron Carter). Les tubes sont là : Try Me, Ain't That a Groove (Part 1 & 2), Please, Please, Please, et une incroyable version de Night Train qui clôt le disque 1 juste après un sketch formidable (manque l'image) entre le sax ténor et le tromboniste. Vous ne regretterez absolument pas l'acquisition de ce double live qui vient rivaliser avec les prestations légendaires de l'Apollo.


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