| Carte blanche à Yazid Manou |  | DAYBREAKERSUn film des frères Spierig. Sortie le 3 mars Après avoir été un temps envahi par les morts-vivants, le septième art rejoue la carte des vampires. Merci « Twilight » ! Mention spéciale dans « Daybreakers » au scénario qui nous décrit notre planète, dans neuf ans, conquise par les vampires. Vous l'aurez donc compris, la survie de cette nouvelle race est intrinsèquement liée à l'approvisionnement en sang pur (donc humain). Mais comme toute énergie, celle-ci se raréfie. Les importantes réserves conservées dans les bâtiments de la société Bromley Marks ne suffiront pas à nourrir éternellement la population avide de liquide rouge. La vision de centaines de corps flottants dont le sang est pompé dans de grandes cuves est saisissante. Il faut voir les citadins faire la queue chez le Starbuck du coin et devenir dingues quand les doses (leur sucre !) sont rationnées. Le héros, vampire lui aussi, Ethan Hawke, est l'employé modèle de la compagnie régulatrice mais il refuse de s'abreuver de sang ce qui l'affaiblit physiquement. Il a pour mission d'élaborer un substitut. C'est en sauvant un groupe d'humains qu'une solution pourrait voir le jour. Action, effets spéciaux, hémoglobine bien sûr. On se laisse facilement prendre. Surtout grâce aux interprétations de Willem Dafoe et Sam Neill. Quelque temps après la projection, j'ai, au hasard d'une sortie, rencontré un expert sanguin, lui ai parlé du film et à mon grand étonnement, ses alarmantes observations n'étaient pas si éloignées des préoccupations de nos vampires... | BUS PALLADIUMUn film de Christopher Thompson. Sortie le 17 mars BOF Bus Palladium (par Yarol Poupaud) le 15 mars (EMI). Le premier long-métrage du fils de Danielle Thompson (Fauteuil d'orchestre, le code a changé) ne décrit pas l'histoire du club parisien mais raconte plutôt les tribulations d'un jeune groupe de rock français, Lust. S'ouvrant sur un enterrement, le film utilise le procédé du flashback et revient quelques années plus tôt sur les débuts du quatuor en passe de célébrité. Un soir surgit la troublante Laura (Elisa Sednaoui) qui vient semer la zizanie en s'éprenant du leader Manu (Arthur Dupont) sous le regard désabusé du guitariste Lucas (Marc-André Grondin). Le bassiste (Abraham Belaga) lui, a la clairvoyante idée de courtiser Géraldine Pailhas, devenue blonde rock n'roll, jupe courte cigarette au bec. Elle est directrice artistique d'une grande major du disque. Nous sommes au début des années 80 et le film restitue parfaitement l'époque, jusque dans l'apparence des guitares. Musicalement, c'est excellent, on démarre sur « Let it Loose » des Stones et on entend Blondie, Gil Scott-Heron, The Band, David Bowie, Ten Years After ou Candi Staton. Quant aux musiques du groupe Lust, elles ont été composées par le guitariste Yarol Poupaud (FFF). Saluons donc l'arrivée d'un agréable film rock français sans prétention qui, en pleine BB Brunes mania, pourrait redonner un sérieux regain rock chez les ados, cibles prioritaires du film. Les amateurs de « Nouvelle Star » 2008 remarqueront la présence de Jacob (Jules Pelissier) mais la révélation pourrait venir du héros Manu aux allures d'un Jim Morrison avec le visage d'un Romain Duris : troublante ressemblance. | LAFAYETTE16 février, La Maroquinerie (Paris) Album « Rock You » (Laurel Records/Anticraft) www.youtube.comwww.myspace.com/lafayetteandthedirtyfingersA l'écoute du premier album de LaFayette, on se doute que l'énergie ne pourra absolument pas leur faire défaut sur scène. Deux guitares à pleine puissance, un guitariste devenu bassiste, un batteur afro et surtout une impressionnante chanteuse black, Nathalie, à la (fausse) chevelure blonde et bouclée, un mixe des chanteuses des BellRays et des Noisettes, Lisa Kekaula et Shingai Shoniwa. Avant l'arrivée du groupe sur les planches de la Maroquinerie, nous avons eu droit à la projection du super clip « SucK or LosE » qui ouvre le disque et comme tout semble très pro dans cette entreprise, la production du clip était due à un certain Felix Mondino (le fils) dont c'est le premier essai. Visuellement le groupe est un vrai régal d'attitude rock et la musique penche sans hésitation vers le son des années 60/70. Les textes sont en anglais, tous écrits par la chanteuse. L'ensemble est plutôt efficace et va rapidement faire son buzz grâce à la scène. Et quand on ose démarrer son concert par « California Dreamin' » des Mamas and Papas, on a forcément mon adhésion immédiate surtout lorsque quelques titres plus tard, c'est « White Rabbit » de l'Airplane qu'on entend. LaFayette est une bonne surprise. Ils ont déjà près de vingt mille « friends » sur MySpace, pourquoi s'inquiéter ?! | JIMI HENDRIX« Valleys of Neptune » (Experience Hendrix/Sony Music) Que les choses soient claires : la qualité de ce disque n'est pas à mettre en doute. L'auditeur sera bluffé par le son impeccable de ces enregistrements effectués il y a plus de quarante ans. L'ambiguïté vient uniquement de la présentation : nouvel album. L'acheteur non averti risque donc de s'attendre à des chansons terminées qui n'espéraient qu'un feu vert du maître pour composer un disque cohérent. Il n'en est rien. Le dernier projet sur lequel Jimi travaillait, un double album du nom de « First Rays of the New Rising Sun » est paru à titre posthume en 1997 avec ses indications sur le choix et l'ordre de certains morceaux (il avait même dessiné une ébauche de pochette, non utilisée). Mais ensuite plus aucune piste précise pour d'autres sorties. Jimi n'était tout de même pas si prévoyant. Ce « Valleys of Neptune » 2010 est donc un assemblement de sessions de travail en studio enregistrées pour la plupart des titres en 1969 avec ses musiciens habituels plus quelques potes de passage. Les amplis sont au maximum. « Sunshine of Your Love », « Fire » et « Red House » par exemple sont les répétitions des fameux concerts qu'il donna les 18 et 24 février 1969 au Royal Albert Hall de Londres. Seules les plages « Valleys of Neptune » et « Crying Blue Rain » sont inconnues du grand public avec l'avantage pour le premier d'avoir des paroles et donc de pouvoir tenter sa chance en radio. Les dix autres sont des prises alternatives inédites de morceaux déjà parus. Mais qu'on ne se méprenne pas, c'est avec grand plaisir qu'on écoute et réécoute ces perles. L'année Jimi Hendrix démarre en grande pompe ! | CROSSDRESSERUn film documentaire de Chantal Poupaud. Sortie le 24 mars Voici un film que nous ne sommes pas prêts de voir en première partie de soirée à la télé ! Son sujet est encore un peu épineux aux heures de très grande vision. Pour le moment, c'est au cinéma qu'il faudra aller découvrir le projet dans lequel Chantal Poupaud s'est investie pendant un an pour son premier long métrage. Mais je dois d'abord vous expliquer ce qui se cache derrière le terme anglais de Crossdresser. Le mot désigne un travesti. Un homme qui s'habille en femme. « Comme beaucoup, j'avais tendance à faire l'amalgame entre travesti et transsexuel, pour moi ça ne faisait aucun doute, ils étaient tous des homosexuels, comment peut-on avoir envie de s'habiller en femme si ce n'est pour séduire les hommes ? J'étais dans le cliché et dans l'ignorance » nous dit Chantal Poupaud en ouverture du dossier de presse. J'étais donc moi aussi ignorant mais depuis, je vois les choses différemment. Le film suit quatre hommes. Suivre est un peu exagéré, disons que la réalisatrice nous amène dans leur pièce (salle de bain ou autre) où successivement ils se déshabillent, se changent, se préparent, se maquillent, se transforment et deviennent Nicole, Lolita, Auxane et Virginie Perle. Pas de voix off, pas de questions, juste chaque sujet qui s'exprime seul tout en se parant soigneusement des attributs féminins. Les gestes sont identiques, les images peuvent provoquer un malaise quel que soit notre sexe. C'est très troublant mais c'est une évidence pour ces hétérosexuels pour certains mariés et pères de famille menant une vie normale ou presque. Il n'y a aucun commentaire, aucun jugement et c'est très bien ainsi. Une expérience. | ALICE AU PAYS DES MERVEILLESUn film de Tim Burton avec Johnny Depp. Sortie le 24 mars Albums : « Alice au pays des merveilles » par Dany Helfman (BO) 29 mars (EMI) / « Almost Alice » 16 titres avec Avril Lavigne, Tokio Hotel, Robert Smith, Franz Ferdinand, Wolmother... 29 mars (EMI) D'ici quelques années, nous savons bien que la 3D sera devenue ringarde car disponible partout dans toutes les salles, à la maison, sur nos mobiles mais pour l'heure nous n'en sommes qu'au balbutiement. « Avatar » a ouvert une voie royale couronnée de succès dans laquelle vont s'engouffrer de très nombreuses futures productions hollywoodiennes que l'on ne manquera pas de comparer systématiquement aux géants bleus de James Cameron. C'est donc avec une certaine excitation qu'une fois de plus, équipés de lunettes 3D nous avons assisté à la projection du dernier Tim Burton. Mais quand on connaît les productions folles du réalisateur, son association indéfectible avec le très talentueux Johnny Depp (sept films ensemble) et l'univers délirant du conte de Lewis Carroll, on se dit que tout était réuni pour un chef-d'œuvre. On ne vous fera pas l'affront de raconter la trame du film avec une Alice capricieuse qui s'enfuit en courant après un lapin blanc et tombe dans un trou pour se retrouver au cœur d'un pays imaginaire, multicolore, loufoque et absurde peuplé de créatures qui ont bercé notre enfance. Après « Avatar » donc, ce sera le joyeux retour en famille dans toutes les salles 3D pour ce beau bijou. Nous allons nous familiariser avec les patronymes de Ilosovic Stayne le valet, Chess le chat, Absolem la chenille, le Jabberwocky, le chapelier ou mes préférés Tweedledee et Tweedledum ! Burton aurait-il fait mieux que Cameron en sortant ce projet avant lui ? Mystère ! Mais ce film est tout aussi enchanteur. |
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