
| Le Vase |  | Ce soir-là, je rentrais du travail... Oui, j'ai un travail, je suis mathématicien-jardinier. J'extraie les racines des carrés. Donc je rentrais chez moi avec à la main un bouquet de soucis que j'ai disposés dans un vase. Le vase m'a dit « Non ! ». « Non ? » « Non, répète-t-il, garde tes soucis pour toi. Donne-moi plutôt des pensées. »
Un vase philosophe, ai-je songé. Je lui rétorque :
- Que vais-je faire de mes soucis ? - Mets-les dans la cage de l'oiseau. Ce que j'ai fait. J'ai déposé les soucis dans la petite auge. D'habitude, j'y mets du mouron... - Et mes pensées ? demande le vase. - Je n'ai que les miennes. - Faute de mieux... |  | Alors je grimpe dans le vase et m'y installe avec mes pensées. Je suis bien soudain. Vous savez, j'ai l'habitude de vivre en vase clos. Là-bas dans la cage, l'oiseau furieux déchiquette mes soucis en pluie rouge, il neige comme dans les boules hémisphériques de mon enfance. Moi dans le vase, les pieds dans l'eau, je suis bien. Tout autour il y a mon salon, ça vibre de lumière bleutée, avec des reflets d'argent sombre. Il faut dire que le vase est en cristal. La bohême, quoi... Je suis bien.
C'est alors que mes pensées commencent à pousser. Je plaque mes mains sur mes cheveux, peine perdue, les pensées me passent entre les doigts et poussent, poussent... « Laisse aller, me dit le vase, c'est une valse ! » Voilà que mes pensées se répandent hors du vase, ployant leurs tiges comme des tulipes, il y en a de toutes les couleurs, c'est beau... Le structuralisme est la mort du sujet... L'électromagnétisme est l'avenir de la science... L'univers est anisotropique à grande échelle... La marquise s'est levée à cinq heures... To be or not to be... Le petit chat est mort... E=mc2... Dieu serait-il une dragée ? Out of order... Out of order... Out of order... L'entreprise est par essence destinée à faire du profit... Out of order... Bing... crac... zzzzzzzz... plop !
- Cette pensée-là, tu ne devrais pas, me dit le vase, elle est noire.
Il n'y a plus d'eau au fond du vase. | Texte Peter WOLF Illustration Jacques DUVAL |
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Sub Yu24/03/2012
 | Je la fixe, les yeux ronds. Il faut dire, j'étais perdu dans ma rêverie, en train de prier qu'un coup de baguette magique me dessine de nouveaux vêtements et lui rende à elle son merveilleux sourire même si je ne l'ai encore jamais vu. Je m'interromps sec et m'exécute. Mes jambes tremblent. Mes mains aussi. |
Philippe Renaud01/02/2012
 | Quand ils sont fatigués, les objets montent souvent au grenier pour se reposer. Dans la moiteur des soupentes, ils s'abandonnent au sommeil réparateur, bercés par l'espérance d'une vie nouvelle. Souvent, également, les enfants aiment se dérober aux bruits des autres en cachant leurs rêveries sous ces mêmes soupentes. |
Guillaume Luisetti12/06/2011
 | Les oies sauvages aux ailes d'or ont suspendu leur vol, incrustées dans le noir profond de vingt-deux couches de laque. Le sabre trône au centre de la pièce. Les parures du fourreau capturent les dernières lueurs d'un bouquet d'étoiles qui se fanent à la fenêtre. Avec délicatesse, il décroche l'arme du râtelier en ramure de cerf. |
Guillaume Luisetti21/03/2011
 | Nuage au matin L'enfant marche sur la plage Averse en soirée
Le soleil va se lever. J'ai rendez-vous avec la mer.
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Guillaume Luisetti24/01/2011
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L'acteur trouble-fête Joue la princesse écorchée En peau de mariée
Aujourd'hui, il se marie. Le blanc lui va si bien. |
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