| [A] Paella (?) Chimicos |
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| [B] Sameer Parekh |
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La force de la réflexion
Rue des Frigos, enclavé entre des immeubles standardisés de verre et d'acier, un petit bâtiment à l'ancienne dissimule en son sein des couloirs tagués et des portes peintes par tous les artistes et les différentes professions qui y logent, se partageant espace et créativité. Une minuscule clochette suspendue annonce l'entrée en matière dans l'atelier que Paella Chimicos occupe depuis 25 années. Il n'est pas de véritable hasard dans la peinture de Paella mais une réflexion sous-tendue d'une solide connaissance de l'histoire de l'art qui participe de sa création au quotidien et donne à ses toiles la simplicité d'un sujet décliné qui interroge cependant le spectateur chaque fois différemment et profondément. Rien n'est simple, tout est questionnement.
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La naissance du personnage
« Il est né en 1985, d'un petit dessin, que j'appelle dessin primitif, que j'avais fait en 1981 et d'une réflexion : ce que j'envisageais en me disant peintre. J'avais besoin de montrer ma propre réflexion sur la peinture. Je me suis dis que j'allais utiliser un outil qui est propre à la figuration libre, c'est-à-dire un personnage qui peut être issu de la BD, mais que j'allais radicaliser. Je me suis donné des règles de travail: dans le format rectangulaire de la toile, je ne vais peindre qu'un seul personnage qui se déforme, qui montre sa volonté d'occuper cet espace en rejoignant les limites. Il n'a pas d'expression, seulement celle de son corps mais je veux qu'il ait une tête et un sexe. Autour de cette composition vient s'écrire un texte qui va l'encadrer et souligner les limites de ce format. A partir de ce schéma, j'avais une sorte de piste de travail que j'ai perpétuée pendant 15 ans en me permettant des expériences. Cet outil personnage était comme une sorte de structure qui venait organiser l'espace de la toile avec toujours la volonté d'être dans deux niveaux de lecture. On peut y voir simplement un petit bonhomme issu de la BD et des "4 Fantastiques" qui est élastique, à la fois enfermé dans un espace mais qui jouit aussi de certaines facultés physiques avec cette histoire qui raconte un peu ses obsessions, ses envies et ses rêves et voir aussi la préoccupation du peintre d'être présent et d'occuper la surface de sa toile. Quand je décris mon travail, je dis que c'est un peu comme un Mondrian plus élastique. Ce personnage, ce sont des lignes, deux bras, deux jambes, un corps et un petit bout de tête et avec ces lignes, je m'amuse à créer des formes géométriques ou d'autres formes mais c'est une façon linéaire de découper la surface. »
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De l'utilisation des mots dans la toile« C'est un jeu un peu partagé. Souvent le personnage venait s'inscrire sur la surface presque gestuellement et puis la façon dont je résolvais l'image avec ses qualités picturales ou colorées me donnait des idées sur ce que pouvait vivre ce personnage, donc des associations de mots. Ces mots que j'utilise font référence à la fois à l'imaginaire de ce personnage, mais aussi à ce qu'on peut voir. Quand j'utilise le mot eucalyptus comme si le personnage était allergique à l'eucalyptus, c'est parce que la couleur m'a suggéré une ambiance et presque une odeur. Dans mon travail il y a eu, à un moment, une volonté de poser mon personnage sur un espace qui n'était pas en adéquation avec sa propre réalité, un peu comme un collage : tout à coup il vient se passer quelque chose derrière lui qui n'est pas du tout dans le même registre que sa propre figuration. Cette association forcée crée une réflexion et un effort de la part du spectateur pour se dire ces deux choses-là sont ensemble, pourquoi ? Est-ce que c'est viable plastiquement ? Est-ce que c'est nouveau ? Qu'est-ce que me racontent ces deux éléments que je n'aurais pas, a priori, associés, qui se retrouvent tout à coup ensemble ? Le spectateur est finalement le roi et est libre d'interpréter ce qu'il voit. C'est ce qui fait l'intérêt de la peinture. Le regard du spectateur va donner vie à l'image. Mais je peux revendiquer une intervention par rapport au spectateur, le guider vers quelque chose et par le choix des mots, faire appel à une culture et essayer de le faire réfléchir sur ses propres connaissances. »
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La spirale « Lorsque j'ai commencé à imprimer mes affiches, j'ai trouvé que la spirale était plus graphique. Ça s'est un peu imposé à moi par retour du succès. J'ai décidé assez vite que c'était le signe le plus approprié pour ce personnage qui était toujours dans un espace clos donc dans une forme d'introversion. Ça devenait physiquement le moteur du personnage. Ce mouvement pouvait partir de cette tête et aller vers l'extérieur aussi bien qu'il pouvait se finir dans cette spirale. C'est le point d'interrogation, c'est un signe universel qu'on retrouve dans toutes les civilisations, un signe géométrique dynamique. Je l'ai adopté presque systématiquement et j'ai laissé la réflexion se porter sur d'autres choses comme le rapport du fond à la forme ou sur d'autres problèmes. » Le changement en 2000« Pendant 15 ans, je me suis appelé Paella Chimicos qui est l'anagramme de mes noms et prénoms. En 2000, quand j'ai choisi de transformer mon travail, j'ai décidé de changer de signature, je signe Paella?. Un nom correspond à un type de travail. C'est resté le même personnage, la même identité sans identité, sauf qu'il a perdu ses propriétés physiques d'élasticité et qu'il est devenu un peu plus comme nous-même, plus humain avec des rapports aux autres qui semblent être plus proches des nôtres.
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Le personnage n'est plus encadré par un texte, l'image n'est régie par aucune règle si ce n'est que le personnage n'a pas d'yeux ni de bouche et qu'une phrase vient se poser dessus. C'est un système de lecture qui vient se superposer sur un autre système de lecture, imagé et textuel. Il y a cette dualité qui nous est familière, des images avec des textes mais la particularité de ce nouveau travail c'est de chercher à avoir une sorte de dissonance entre le texte et l'image. Je veux trouver ce petit ou grand décalage qui fait qu'il y a une sorte d'alchimie qui se produit. Celui qui va regarder l'image va pouvoir faire le pont entre les deux et éventuellement trouver des liens que moi-même je n'avais pas envisagé. Et j'essaye quand j'établis cette confrontation de ne pas prévoir ce qu'il va se passer. J'aime bien forcer le spectateur à faire un effort. Parce que la peinture c'est le plaisir sensitif de la matière, de la couleur, de la lumière, de la référence mais c'est aussi un outil intellectuel de réflexion, de construction du monde, de positionnement par rapport à la société. Pendant 15 ans j'ai peint ce personnage élastique et j'étais sur une sorte de rail que j'aurais pu perpétuer car ça marchait bien et que j'avais un certain succès. Je devais quitter cette voie pour ouvrir une autre porte. C'était un risque commercial. Quand on étudie l'histoire de l'art on s'aperçoit que les longues carrières de peintre peuvent amener l'artiste à se répéter. La répétition peut être très intéressante mais elle peut aussi amener l'artiste à se plagier lui-même. J'ai senti que j'étais dans une forme de spirale qui allait être plutôt centrifuge et pas centripète. »
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Les affiches posées dans la rue
« C'est la solution que j'ai envisagée quand j'ai commencé à peindre. Dans les années 80 il y avait eu un début d'action de certains artistes dans la rue comme Mesnager, Miss.Tic, Speedy Graphito, et moi je n'avais pas envie de m'exprimer artistiquement dans la rue. Mais la formation de graphiste que j'avais m'a donné envie de perpétuer cette tradition de l'affiche populaire et satirique, politique et de libre expression. C'était une part d'expression que je ne pouvais pas envisager dans mon travail de peintre parce que la peinture doit parler de peinture et que le moyen de diffusion de l'image peinte est très restreint. J'avais certaines idées politiques que j'avais envie d'exprimer. Par le biais de l'humour et de l'affiche j'ai réussi à m'adresser à un certain nombre de personnes, à dire les choses, à les formuler. Tous les mois je collais des petites affiches sérigraphiées qui collaient plus ou moins à l'actualité. »
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Que devient ce personnage aujourd'hui ?
« Il y a un personnage géant par rapport à ses congénères, qui semble les manipuler. C'est l'idée d'un pouvoir sur les autres. Si j'ai changé ma façon de peindre en 2000, c'est parce que j'ai envisagé de parler un peu plus dans mon boulot de la société actuelle par le biais des mots, des jeux des personnages entre eux, davantage dans l'idée du rapport humain que de la critique sociale ou politique. De parler enfin un peu plus des humains m'apporte une certaine satisfaction. Même si précédemment ça parlait déjà de l'humain mais d'une façon peut-être plus universelle et philosophique. L'art n'est pas seulement une image c'est aussi un savoir. »
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www.paellachimicos.comExposition collective : Frigo 619, rue des Frigos 75013 Paris jusqu'au 28 mars Le cabinet d'amateur12, rue de la Forge Royale 75011 Paris Rétrospective au Musée du Montparnasseen juin 2010.
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| [B] Sameer Parekh |
| Reportage Fanny LASSERRE et Gisèle DIDI |
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Fanny Lasserre01/07/2010
 | Le monde de Valérie Belmokhtar est vaste, philosophique et végétal, onirique et astral. Jeune artiste, touche à tout, cela fait des dizaines d'années qu'elle travaille, qu'elle puise dans ses rêves comme dans la nature le fruit de son inspiration venue très tôt avec la nécessité farouche de transcrire puis plus tard de transmettre. |
Fanny Lasserre01/07/2010
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Il est difficile de définir Marie-Hélène Le Ny. C'est une photographe qui écrit, une plasticienne qui questionne. La photo n'est pas uniquement le support d'une image mais un moyen de dire autre chose que ce qu'elle représente et Marie-Hélène l'exprime avec limpidité et force. |
Fanny Lasserre01/05/2010
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Star de la photo de mode en Chine, elle expose dans les meilleurs musées et galeries de son pays et participe à l'exposition « China Design » au Victoria & Albert Museum de Londres en 2008. |
Gisèle Didi / Thierry Vasseur01/04/2010
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Je suis seychellois. J'ai voulu faire des études d'art. Je savais que c'était mon point fort. Je ne pensais pas alors à être artiste, je me disais que je pourrais peut-être devenir enseignant... |
Fanny Lasserre01/04/2010
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Un artiste Pop, c'est indéniable. Benjamin Capdevielle le revendique : « Lichtenstein, c'est la base de mon influence », et il n'hésite pas à dire qu'il est ancré dans les années 70. Comics, mangas et séries télé à la frontière du réel l'embarquent dans un autre monde peuplé par Donald, Iron Man et par de supers héroïnes fantastiques que des créatures monstrueuses capturent. |
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