| Souvenir, rêve ou fantasme ? |
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Passer de l'idée à la réalité, quoi de plus tentant et c'est ce que nous avons réalisé "Elle" et moi il y a maintenant, environ trente ans, sans penser que ce pourrait être l'objet d'écrits ultérieurs.
A l'époque il n'y avait que le Minitel "rose" comme moyen d'évasion : "recherche complicité et plus si affinités..." et d'échange en échange malgré la rusticité du terminal connecté au réseau, nous en arrivâmes à nous communiquer nos numéros de téléphone.
De conversations en conversations, des plus sérieuses devenues peu à peu plus érotiques, nous finîmes par partager les mêmes désirs pour en arriver à ce pari insensé: se retrouver et vivre jusqu'au bout cette passion, partagée d'abord sans se voir pour déguster jusqu'à la dernière goutte les plaisirs d'une rencontre inédite.
Réservation TGV pour Lyon, taxi, puis arrivée à l'hôtel convenu. J'avertis l'accueil d'une visite à 21h et leur demandai de bien vouloir indiquer à ma complice qu'elle pouvait sans plus attendre rejoindre directement la chambre (nom convenu et nuitée payée en espèces, fiche de renseignements avec nom bidon).
Une fois dans la chambre je commençais les préparatifs. J'avais apporté, au cas où, des punaises pour bien fixer les rideaux et obtenir le noir complet. Tout était presque prêt, l'heure du rendez-vous approchait à grand pas.
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Je débloquai l'ouverture de la porte de la chambre avec une carte plastique utilisée dans une grande surface : elle n'aurait qu'à pousser la porte, refermer, puis franchir le corridor et ouvrir une nouvelle porte pour entrer dans la chambre...
J'étais, comme nous en avions convenu, nu dans le lit, dans le noir et le silence le plus absolu. A l'heure dite, j'entendis frapper, puis la porte d'entrée s'ouvrir lentement, suivi du claquement sec de la fermeture. La deuxième porte s'ouvrit avec le bruissement d'un ciré et les bruits de ses pas. Il pleuvait des cordes dehors.
Une douce voix familière "tu es là ?.." à la fois inquiète et sans doute excitée à l'idée de vivre ce fantasme...
Joueur, je choisis de prendre une grosse voix rauque et commençai à répondre mais ne pus aller plus avant et éclatai de rire ! Ma supercherie d'un instant était éventée, suivie de son doux rire. La tension initiale venait de perdre une manche. S'en suivit le bruit du ciré tombant par terre, le zip d'une jupe qui elle aussi rejoignit le sol, et le chuchotement de chacun des sous-vêtements ôtés, ou dégrafés. Puis un silence, des mains qui tâtent le pied du lit, qui longent le corps sous le drap pour commencer une lente découverte et rejoindre mon visage. Mes dix doigts eux aussi avaient entamé cette phase de découverte exploration de l'autre, cette quasi-inconnue nue contre moi à la peau chaude et satinée. D'abord ses mains, son cou, elle avait aussi de longs cheveux soyeux avec lesquels j'aimais jouer, et puis son visage...Comment imaginer un visage seulement avec ses doigts. Glisser sur son front, l'arête de son nez mutin, pour arriver à ses lèvres chaudes, douces et enfin, après ce qui me semble toujours une éternité, un premier baiser.
Quelles sensations, quelle bouche gourmande, brûlante et douce à la fois, l'ivresse était partagée mais comme convenu nous prîmes le temps de nous découvrir l'un et l'autre longuement. Bien qu'étant devenus deux êtres de désirs et de tendresse partagés, nous choisîmes d'en vivre un maximum jusqu'aux soubresauts ultimes de nos plaisirs réciproques, renouvelés plus tard au cours de cette nuit inoubliable, jusqu'à l'épuisement des corps.
Trente ans après, malgré le poids des ans sur la mémoire, je revis encore ces moments merveilleux. Je revois encore cet instant fabuleux où d'un commun accord on décide d'appuyer sur le bouton qui donne la lumière et que les yeux découvrent enfin cet autre, juste en face de vous... Quel suspense !!
Et quelle Dame merveilleuse, sensuelle, au regard bleu-vert profond où l'on veut plonger à s'y perdre. Un sourire enivrant ouvrant sur des dents si blanches qui suffisait à lui seul à donner envie de redécouvrir encore et encore cette bouche fruitée et si magique à la fois. Que c'était bon !
Je ne puis que remercier cette fée sublime, des heures passées dans ses bras, dans son corps. Nous nous revîmes à plusieurs reprises et chaque fois fut comme une pause paradisiaque dans un univers mouvementé, où rares sont de tels moments. Il y aurait beaucoup à dire sur cette rencontre, et si elle avait été tout autre, et si... et si... et si ...
Notre complicité s'est évanouie peu à peu avec le temps, les distances, et la vie professionnelle de chacun. Elle était depuis peu seule avec quatre enfants et recherchait quelqu'un de stable. Je parcourais l'Europe de long en large, travail oblige, mais n'avais pas non plus l'idée de poser mes valises aussi tôt.
Une certitude demeure, au-delà de cette attirance née de la voix de l'autre et des mots échangés, le partage des sensations physiques et d'un profond plaisir, tout en étant privés d'images, ouvre la porte d'une autre dimension faite de beaucoup plus d'attention, et d'écoute de l'autre. Alors quelque part je me juge quelque peu « beaucoup salopard » d'avoir fui cette magnifique et passionnante Dame qui restera à jamais gravée en moi, malgré tout le temps qui passe.
Je la remercie encore de sa grandeur, de sa compréhension et l'embrasse très tendrement...
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Texte Frederyck LEGRANDOIX Photo Thierry VASSEUR |
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Lisbeth Paterson01/07/2010
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J'entends la trotteuse du réveil. Une voiture et quelques autres qui passent sur le boulevard. Un robinet qui goutte, des pas feutrés dans le couloir derrière la porte de ma chambre. Une démarche rapide. Une télévision plus loin, au-dessus peut-être. Quoi d'autre à part mon cœur qui bat ? Qui d'autre autour de moi ? |
Robila Goudjil01/05/2010
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Je ne sais pas comment je me suis retrouvée là. Cet endroit étrange et familier. Je suis devant un arbre à verrue excroissante, il est tout bosselé. Je le touche, mes mains, comme si j'avais creusé la terre, je baisse les yeux, mes pieds sont nus et en sang. |
Robila Goudjil01/03/2010
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Avant de le voir je savais qu'il avait été fait pour moi. Dans sa boîte, très peu servi, hors de prix bien entendu, bien entendu. Je n'ai pas pu résister puis ça faisait tellement longtemps que j'étais seule. Des années peut-être. Je filai tous mes tickets de rationnement au revendeur du marché rouge et je rentrai vite chez moi. Je serrais mon sac comme jamais contre mon flanc, je pouvais sentir sa chaleur ou c'était mon imagination. |
Lili. B.01/12/2009
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Le visage mat de Yuki découvre un homme essoufflé par l'impatience de la revoir. Lui se heurte gravement au visage immuable et souriant de la Japonaise, les paupières baissées vers le sol et le corps s'effaçant déjà dans l'ombre du corridor pour l'inviter à franchir le seuil. Il remarque à cet instant le kimono de Yukiko, couleur de bois flotté dont une indicible lumière traverse la soie sombre comme les rayons d'une lune rousse. |
Fodor01/11/2009
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En hommage aux Frères Sérapion, célèbre association littéraire fondée au XIXème siècle par le grand écrivain romantique E.T.A. Hoffmann, quelques amis ont créé voilà trois ans « Les Fils de Sérapion », petite communauté confidentielle qui se réunit en soirée une fois par mois et qui est strictement limitée à neuf membres. L'admission d'un nouveau membre ne se fait qu'à la suite de la défection de l'un des neuf. Chaque soirée, très variée dans les thèmes abordés, fait l'objet d'un récit scrupuleux pour un livre à venir. |
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