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Par Marie Masuyer le 01/02/2012 | Réagir | Envoyer | Imprimer
[A] Xavier Wei, au corps, en corps et encore 
[B] Li-ling Lin, un corps à corps culturel
Dans cet Est parisien où de nombreux artistes plasticiens ont trouvé la lumière et l'espace nécessaires à leur travail, nous rejoignons Xavier Wei (initialement Wei Chenhong), peintre taïwanais et français de coeur depuis 1991. Discret, incarnant au premier abord une réserve toute asiatique, Xavier parle une langue métissée mais qu'on dirait dédiée à son art : précis et perfectionniste.
 
Sous la verrière de son atelier, des colonnes de toiles soigneusement rangées par thèmes et couleurs. Premier contact avec un être semblant osciller constamment entre évaporations créatives et sens commun. Xavier est passé par les Beaux-Arts à TaïWan où il fait la conaissance de Li-ling Lin avant d'intégrer ceux de Paris, dont il sort diplômé en 1995. Il l'avoue, il fut un des rares personnages de sa promotion à avoir choisi la France comme pays d'adoption culturelle... la plupart cédant généralement aux sirènes américaines. Les impressionnistes l'étonnent, l'aura des écoles françaises l'intrigue. Le voici donc exposant pour la première fois à la Galerie T'Cha de Paris dès 1996. Ses visages restent un peu flous, ses décors se fondent et s'inspirent en effet de maîtres inoubliables, mais son rapport au corps et à ses détails est déjà exceptionnel. Puis vient la première mutation. Xavier se concentre sur des êtres aux yeux fermés. D'innombrables portraits, têtes aux traits exagérés, très identifiées par un artiste de plus en plus pointilleux.
 
Technique et vraisemblances servent visiblement son art, au point d'en faire les conditions sine qua non de son auto-satisfaction. Ces êtres endormis se déclinent indéfiniment sur des toiles changeantes. Xavier aime travailler sur des supports divers, décupler les effets et les profondeurs de tons. Après le réveil de ses visages, des nus, puis de magnifiques scènes naïves et profondes à la fois. L'élégance est présente malgré le trait forcé.
 
Une question arrive forcément : pourquoi aucun visage oriental sur ses toiles à l'onirisme bien estampillé ? Xavier Wei ne répond pas « influences de ses décennies parisiennes » ou « curiosité », simplement l'envie d'un moment, l'impalpable...

Une rencontre avec un caractère complexe, fourmillant de talents et de déductions mais souvent en recherche. On sent son univers habité, ses origines un peu embrumées mais si présentes.









Xavier Wei expose constamment à Taiwan, et pas assez en France, pays chanceux qui l'a hébergé !

www.xavierwei.com
[B] Li-ling Lin, un corps à corps culturel
Texte Marie MASUYER
Photos Fanny LASSERRE


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